Petits poèmes lipogrammatiques (3)*


a
ESPACE
Assez de dérapages
D’étrangetés amères
De traces espacées
D’amas percés de rêves
S’évader en secret
Des ténèbres affables
Des âmes en détresse
Et gavées de néant.
A
ATTENTE
Préférer rester zen
Fragmenter le réel
Traverser la démence
En cet espace zébré
Exagérer l’absence
Retarder l’échéance :
Attachement fatal.

a


SECRET
S’armer de véhémence
Recréer le passé
Avalanches et descentes
Enfermements rebelles
Déterrer sa légende
Altérer ses ratés
Retraverser l’enfance
Chercher les dérapages
Les lancer dans le vent
S’égarer dans le temps.
A

EMPRISE

Interpréter l’indécence des signes
Vibrer en pleine ivresse
Et zébrer le désir
Sceller l’imprévisible
Incriminer l’innéisme
Exprimer l’indicible


A
IRIS
Rites de printemps
Rires intersticiels
Des premiers iris
Entre les pierres
Frémir et vibrer
De désirs ignifiés
Incriminer l’ivresse
Des iris désirés
Vie de miel, mie de ciel.

QUÊTE
Masquer ses blessures
Les yeux en attente
À l’aube des tumultes
Sans céder à ses peurs
Refuser de se perdre
Détacher ses regards
Des pensées jugulées
Pacte secret et sacré.


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ADN

Chercher un peu de jeu
Dans l’espace bleuté
Prendre le temps d’être
D’être seulement deux
S’enrubanner de rêves
De jeunesse éternelle
Enserrer le futur béant
Se draper dans le temps.
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AUDACE

Enfermée dans la transparence bleutée
Mer tumultueuse des rêves texturés
Créer des vagues à l’âme dans la turbulence
Enlacer des pensées délestées de l’enfance
Me balancer suspendue dans tes yeux
Cachée entre tes tentacules de feu
M’empêcher de te demander la lune
Perdue et éclatante entre les dunes
Appréhender les creux et jeux de l’heure bleue
M’élancer dans le malheur désagrégé
Aveuglée dans tes bras par un calme apparent
Fulgurance des excès de brève durée
Les êtres en détresse se perdent dans le temps.
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BRIÈVETÉ

Nuit rieuse et fleurie
D’étincelles de lumière
Pleines d’intensité
L’indicible est rempli
D’existences multiples
De sphères elliptiques
De bruissements stridents
D’incisives surprises
Vertigineuses requêtes
De ces fleurs mielleuses
Imprégnées des secrets
Du réel sublimé
L’univers incendié
N’est plus qu’énergétique.
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INTENSITÉ

Dérive de l’ennui fissuré
Piles de livres négligés
En cette ère du numérique
Irrévérence et indifférence
L’écrit résiste et ressuscite
Futur immense en quête d’identité
Duel sublimé du lire et de l’écrire
Étreinte inespérée du dire intensifié
Rechercher des lecteurs inventifs
Quitter les clichés singuliers et pluriels
Rêver sur le fil ténu et perpétuel du sens
De redevenir de simples feuilles
Feuilles, fleurs et fruits.
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BULLES
Effluves en dérive
Brûlures liquides
Feintes cycliques
Perles de lumière
Éterniser le vide
Scruter le silence
Se libérer du vide
Intercepter le sublime.
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LIBERTÉ

Esquiver les sursis
Et défier ses peurs
Tisser d’immenses fresques
Expirer vers les cimes
Refuser les prétextes
Électriser l’esprit
Un surplus de réel
Rend l’entreprise risible.
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CHUTE

Sur le seuil de l’écriture
Une liberté vite entrevue
Des lettres devenues des grilles
En cet univers de musique
Chercher des bribes d’inexistence
L’indifférence du silence
S’éclipser du réel enfreint.
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FANTASME

Et si demain n’existait pas
Le présent deviendrait vertiges
Bizarreries, extravagances
L’esprit glissant dans les délires
Nimbant les désirs en cavale
Avant de partir sans prévenir
Nager dans le présent instable
Se mettre la tête dans le sable
Éviter les désenchantements
Rêver d’espaces interstellaires
S’immiscer dans l’illimité
Et s’ancrer dans l’éternité
Accessible dans l’instant magnifié.
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VERTICALITÉ

Dans l’espace clandestin
Imprimer sa présence
Égratigner l’inflexible
Arpenter l’indésirable
Anesthésier la perspective
Faire scintiller le silence
Et remixer sa vie.
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PRÉSAGE
Éclats et effritements
Errances et pertes de sens
Délaisser le factice
Mimer des pas de danse
Y chercher ses racines
Sceller les interstices
Vivre l’indécidable
Syncrétisme des affinités.
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ICARE

Fils aîné de Dédale, l’architecte exalté
Ayant imaginé le labyrinthe sacré
Icare le téméraire a été incendié
Par le bel astre de vie scintillant en silence
Après s’être avancé vraiment près de ses flammes
Traversant ses désirs, fracassant ses fantasmes
L’artiste devient Icare, il imprime sa présence
Il danse dans l’espace-temps, ses ailes s’entremêlent
Il éclipse le hasard sans retenir l’instant
Présage de l’avenir et des émergences verticales.
* Grand merci à Michel Millerioux pour ses images photographiques que j’apprécie vivement.
**Merci aussi à André Roux pour avoir aussi bien orchestré la mise en page des textes-images.

N.B. Ces poèmes relèvent  du  bivocalisme  en A-E et en E-I, du trivocalisme en A-E-U, en E-I-U et en A-E-I.  Je les ai  tout d’abord  publiés sur  mon mur Facebook   en m’inspirant de mes contributions oulipiennes dans les divers groupes d’écriture lipogrammatiques LipoyesLipkaoLipolysLipkae créés et animés par Strofka que je remercie  pour son mentorat déterminant. Pour en savoir plus long sur  ces groupes, lire Un bien étrange lipodrome.

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2 réponses à Petits poèmes lipogrammatiques (3)*

  1. Millerioux dit :

    très belles réalisations ! beau travail de textes sur mes images très bien choisies ! Merci beaucoup Monique de sublimer mes photos, je suis très reconnaissant.♥♥♫♪