ÉVASION : une fiction collaborative oulipienne et twitterienne

ÉVASION

« Enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. » (Baudelaire)*

 

Rêves inassouvis

Anne, en amoureuse, savoure avec assurance son mimosa rosé. Son anniversaire ravive encore ses souvenirs sereins. Elle se remémore sans cesse ses errances vécues. Avec un rire, comme on aime ou comme un souvenir, Anne sème ses rêves, aux rives des ruisseaux. Car demain verra revenir son amoureux si rare. Oui, la mer ramènera vers son coeur son amoureux armoricain aux murmures suaves. Elle aime croire en sa venue imminente, mais sera-t-il au rendez-vous?

Rien n’est moins sûr, un amoureux rare sait se faire désirer. Nous croirez-vous? Nous sommes visionnaires et connaissons ce môme. Nous savons. Son âme dans un navire rame en sens inverse. Son âme marine anxieuse emmure une nécessaire ivresse inassouvie, une armure suave, coeur à coeur, vice sans norme. Mais six mois en mer sans se voir! Sans connivence ou conscience excessive, rien ne va raviver en mémoire ces souvenirs enracinés. Anne se sermonne: un anneau en or dans sa main ramène à son aimé.

Elle ouït aux docks la rumeur d’un bateau coulé mat et tillac. Serait-ce le sien? Émue, blême, Anne serre son anneau contre son coeur: « Non, non, non… » Son oeil fouille la brume naissante. Rien ne couve sous ce crâne, rien ne couvre son âme, zéro armure, rien. Mourir, ô désastre de l’amour, adieux retenus en soi, larmes ravalées, torturant l’aimée, rires éteints, noir iris errant, cris.

Inconsciences riveraines

Là-bas, sous une lune éclatante, Conan, inanimé, est couché sur le sable. Une mouette babille à ses côtés. La marée monte. Bientôt sa chair sera couverte  de lames sombres et l’aventurier mourra dans les abîmes marins. Mais les Ave Maria d’Anne caracolent sur les flots et réveillent Conan à moitié recouvert d’écume. Aura-t-il la force de se lever? Ses membres sont comme noués, inanimés, vidés. Il serait insensé de terminer ainsi. Dans un dernier effort, le barbare cimmérien se lève, s’ébroue. Il est beau: ses muscles saillants luisent sous les astres. Et la lune mâtine se mire avec bonheur sur cette mâle musculature. La marée menace, mais l’âme animale se ressaisit. Une eau si claire n’a sur son écume de mousse rase. Anne! Cette idée le ravive. Il se hisse et arrive à s’enfuir dans l’île. Conan court à chercher son souffle mais le désir le ravive.

Anne va voir au loin. Son coeur devine où se rend son aimé, vers un mur  en ruine. Un désir nouveau s’insinue au creux de ses reins. Elle lutte mais en vain: tout l’incline à succomber à la douce tentation. Elle décide alors de se sauver sur un radeau, sans rames ni voile, afin de voir, à travers ses lunettes voir, où échoua son élu. « Eh merde ! » se dit-elle: le ciel se couvrait. À travers le brouillard imminent comment retrouver mon cher élu de mon coeur? Vole l’embarcation sans cette chose sous l’eau faisant tenir droit le bâtiment entier, sans rien dessous du tout en fait. Tension commune, union virtuelle, les obnubile. Se reverront-ils? Le scénario ne nous en convainc. Mais sa vie, son avenir, ne se rêve sans amoureux. Vraiment?

Murmures, murs, marées

Son radeau sancit, une masse informe ose s’avancer vers Anne. Caner ou se mesurer à une aorasie? S’en animer avec audace? Anne ne sait, mime l’avance, mais n’ose. Mains immobiles, âme mue en tous sens, Anne erre en la contrée indécision. Sans issue? Sous  ces cieux menaçants, Anne a cru son amoureux condamné. Son âme anéantie, nue, sous une marée ennemie. Susurre succincte amène reviens, à même te retiens, mûrie, encore, en vain. Mais une rumeur, comme un murmure, annonce une avancée vers un monde connu. Monde sans dessous, seulement un tantinet de dessus, non sens, dessus non dessous, monde curieux, raie surface sillon inverse. Anne reconnaît sa vision, ce mur vu en rêve, en ruine dans un marais. Si on avance, on va voir dans un coin son ami en sûreté.

Misère! Conan se meurt, raccourci: un cénacle de caïmans araucaniens se délecte de ses fumerons… AAA ! Anne cria, couina, crâna, écuma, remua sens dessus dessous, récusa, sua, ranima, cuva, urina et cria encore : « meurs ! » Son coeur crama.

Vice-versa ou écran-cinéma

Conan avait un clone… Conan deux va vers Anne évanouie. « Conan, âme de mon âme ! » Anne revit ! Avec un sourire réarmé Anne va vers Conan deux, un nouveau ruisseau aux eaux vives coule en son  âme. Elle va vers une vision ensorcelante ou vers son essence même, une invasion exercée au coeur de sa conscience. Le clone Conan est confus, un caïman aura eu raison d’un morceau de son anatomie. Son âme, son essence ou… Ce Conan numéro un avance vers sa masure.

Nous reconnaissons sa cassine où ira ruminer sa misère, où s’usera son éros soumis. Masure, maison, cocon ou cassine…viser à se remémorer un aimé numéro un ou numéro deux, ou même numéro six ? Numéros sans mémoire. Amnésie. Où sont nos anciens neurones envolés ? Un demi lustre s’écoule ; mamie zinzin désaxée chouine sur son adulescence en allée…« Rosebud » murmure-t-elle encore. Les voies aériennes ou cavernes sises au coeur de soi amènent à mieux circonscrire ces événements-miroirs excessifs. Se sauver, se casser de l’île du malheur… Aérien ou sous-marin, s’enfuir et fuir une amnésie. Revenir à la source, se nourrir à l’essence même. S’ouvrir, recréer sans cesse son univers, se cuisiner un avenir à sa manière, à sa mesure. Avec succès sans semer  ces zizanies. Son univers : son écran-cinéma où se crée une oeuvre 3D insensée.

Errances ou connivences

Ramenant à soi ses couvertures, le rêveur d’Anne se secoue. « Ma créature s’en va, ressaisissons-nous ! » Anne soumise suit une voie sans issue, mais une voie mauve et suave où n’errent ni dieu ni démon. Anne se sait sans armure sur sa sinueuse voie de soie. Elle se sait menacée. À suivre ses envies sans examiner ses ruses, Anne mène, sur une même voie, en sens inverse, une suave reine et une âcre sirène. Dans un coin, une souris esseulée rumine sans ironie, un oeil sur la scène. En misère noire, Anne ouvre un sac, insère sa misère en ce sac, noie… Sans rien en arrière, Anne avance vers son avenir. Halte aux années évanouies à casser, crier, recréer, caresser, censurer, vénérer ces cerceaux-souvenirs cérémonieux.

Mille saisons aux cimes écrasées se sont évanouies. Anne rassérénée a recommencé à vivre. Une trace mince de son rêve, rêve de sa vie vécue, demeure au réveil, erre au sein des eaux vives et amères de sa conscience. Six années avariées à mesurer un univers sans orées ni mur, sans arrière, sans aucun avenir, Anne écoeurée ravive ses souvenirs. Un coussin noir cousu main,  une arme acérée en inox, rosie, un carré en soie où on avait vomi une sève moisie… Une scène s’ouvre, une scène se mure. Anne n’ose une vacance en ses aventures avec son dernier amoureux. Un examen sérieux aurait montré à Anne une carence immense de ses ressources mentales. Mais aucun médecin ne l’observa. Irraisonnée, Anne visa une mission malaisée à saisir et mit son  entière verdeur à son service. En vain ! Six mois en arrière, accusée sans indice, condamnée sans aveu, Anne osa braver la cour, s’évadant en traversant les murs. Désormais, Anne demeure en sa maison comme en un vase sacré. S’ouvrant aux romances intérieures, à ses rêves, à ses amours.

Scénarios désaxés

Un matin, Oiseau tambourine au carreau. Anne n’ose demeurer recluse, ouvre. Oiseau devient Cordonnier Charmant, mande sa main. « Insensé cordonnier, si charmant sorcier, venu à moi sans  annonce, se marier ? vraiment ? Ma main se mérite. Vois comment, reviens demain. » Comme sa scie, notre insoumise, renversée, ronronne, marmonne son ire : ce commerce ne rime à rien. Cordonnier renonce et s’envole. Anne couine, crie, voudrait revenir sur ses mots. En vain, Cordonnier a choisi d’être Oiseau. Anne seule en larme devant son miroir se sert un verre de vin sans savoir si reviendra encore un autre ami ailé.

Une ancienne connaissance, un ami, écrit à Anne une missive bavarde. Anne ne lui retourne rien, Anne veut un amour vrai. Anne saisit ses couleurs et dessine aux murs, en sa rue, un emblème inconnu mimant sa détresse. Tant de mots inutiles, de médiocres serments, de vides sentiments. Mais une suave envie : écraser le sexisme commun, ces insensées âneries, réunir en âmes aussi  sexe à zizi comme sexe à seins. Le mur se fissure. En émoi, on susurre vicieusement. Un ennemi? Un ennemi immiscé sans cesse encore en ces coins surannés où se conserve son âme. Où se consume son âme acrimonieuse en immersion casse-cou. Croire ainsi en un soi uni ouvre une voie vers un univers sans nom.

Une  voix annonce au loin :  « Anne reverra son âme un matin de lune ronde si un oiseau dit son nom en mi roses ou en ré carmins. » Anne essuie ses mains encrassées, s’ouvre à son envie, accuse sa manie, renie ses erreurs. Elle veut revoir son âme, reine morne coincée en un univers monotone. Enfin une trêve survient. Anne en use afin d’exiler ses tourments. Anne s’enfuit une fois encore en ses rêveries sans nuance. Une oeuvre au clavecin se donne en un domaine de verdure, savoureuse et aérienne. Anne murmure  « Comme cet air est avenant ! » Le musicien au clavier va vers Anne. Comme une adolescente, Anne a le coeur malmené. Un cri écrasé s’évade de ses lèvres. Accroc rarissime aux normes, aux manières, Anne va vers ce musicien, serre ses mains sur son cou… Evanouie Anne s’en va en Amour. Sans secours, sans issue. Ici, on ne remue pas sans ruse ces vues roses minimes, rêves avec sucre mou, amer, messieurs. Cran ? Oser ? Anne sait cela, oser ! Oser ouvrir un accès, s’insérer en un nouveau seuil, coucher sa chair sur une immensité innocente.

Ennuis  réenchantés

Anne s’ennuie à nouveau. Ce n’est rien dû aux mornes services fournis ici à ses sens, mais à l’absence souveraine de menace. Anne voudrait voir ces accrocs corroder le cordon noué à son coeur. Désormais sur une voie sans retour, à elle d’avancer vivante, recouvrer l’anneau ancien en or, ouïr au matin l’oiseau réveillé. Miette à miette de vie, exorcisée de l’ennui, Anne se déracine, s’écorche vive, incise son aubier. Étincelle, fusion, Anne se consume. D’Anne ne reste rien hormis le coeur. Écorce et aubier ont brûlé. Son avenir s’éclaire. Anne est un astre en fusion, un fût de chêne, une comète en feu. Anne sue. Elle s’essuie. Elle sourira au soir rassurant : elle aime Nix. Le noir  calme Anne. Elle va sur sa couche avec un roman rose. Anne sue, elle s’essuie. Elle sourira au soir rassurant et ouïra rassérénée, un nocturne. Revenue adoucie en sa maison — le nocturne a modéré ses ardeurs — Anne s’étend sur sa couche devenue innocent ornement. Comme  Anne s’ennuie à nouveau, rêve à une évasion, en sa case à courrier une missive arrive. On annonce en cent mots un concours de cerveaux. Anne, intéressée, s’inscrit enthousiasmée. Anne est mot-maître et le vent souffle à 256 km/h. Anne élide et revient au concours de cerfs-veaux lents.

Minou se love sans un son sous son cou, caresse sa main en soie. Sa saveur s’avère sucrée. Sans soucis, voici créés six noms. i-i-i-… une souris ? Minou ? annonce une écrivaine amusée. Saisi, excité, ivre, Oto, émissaire en mission, cerne sa victime. Anne s’est mise à boire, à absorber marc caverneux, eau-de-vie encaissée, vins variés. Enfin Anne connaît un sommeil sincère. Mais, très vite, son sommeil se trouble. Elle a bu et l’abus nécessite un remède. Elle se réveille, moite, et veille, coite. Elle boit, de l’eau cette fois. Anne s’humecte, mais son crâne s’entête. Elle ouvre la fenêtre, s’aère et s’enrhume sans  rhum. Anne clôt sa chambre. L’ air l’a réenchantée. Le rhum ni son arôme ne troublent onc son sommeil. Une boîte de Kleenex est là. Anne maintenant se sent en elle-même, en elle et hors d’elle… Elle se sent venir des ailes. Elle croit s’envoler et choit sur le tapis. Combattre le mal avec le mal : elle choisit l’arôme du rhum. Notre amie nenni n’ânonnera. Un si suave arôme mué en vive envie. Créer. Muse couvre amusée ce verso ! Romancière, sa voie.

Réminiscences enserrées

Le lendemain douloureux, nauséeux. L’odeur du rhum renversé sur le sol, relent atroce, s’acharne sur son crâne lancinant. Le miroir morose, amer, cerné d’une nuit cuisante, échec. La scène saisissante révolte Anne. Un incendie déchire ses  entrailles. En un cri, Anne brise la vision venimeuse en mille morceaux de malheur. Encore une halte en ce chemin aux nombreux cahots. Anne examine le livret de sa vie. Anne croit discerner une fausse note. Ce soir, Anne va réécrire sa vie, réviser ses réminiscences, enserrer ses rêveries en mores successives, en rimes inouïes. Ces traces neuves Anne les veut harmonieuses. Anne mande son avis à un ami sorcier.

Son ami nécromancien assaisonne en sa cuisine un venin sans saveur. Un verre avec une sucrerie ouvrira une issue, inversera son avenir. Du verre au miroir à franchir, Anne ne saurait hésiter. Elle se lance et s’élance du côté d’ailleurs. Miroir traversé, Anne, saisie, sous une remise retirée, découvre un lièvre crème au mince minois. Anne salue l’animal. En ce lièvre minuscule se dissimule un savant oracle. Sans ouvrir ses lèvres, ce lièvre annonce à Anne médusée, une rencontre avec démon. Anne consulte sa montre comme l’eût fait le cousin du lièvre. Il est midi. Anne se farde. Hammam, soins aux mains, aux chairs, eau aromatisée. Une scène décisive de sa vie avance. Son coeur boxe son âme.

L’âme d’Anne, sonnée, s’étale sur le sol où le démon, soudainement, s’en vient la ramasser. Anne s’en sort en lançant un livre sur le démon douillet. En larmes, il lâche l’âme d’Anne qu’il voulait en infusion. Mais Anne en fusion avec son  âme se rit du douillet démon avant de fuser ailleurs loin du lièvre livreur. Anne remet de l’ordre dans sa coiffure et va son chemin. Pourtant, le démon caché la suit. Ce démon nommé David se sait douillet, mais il se sait aussi rusé et discret. Anne méconnaît ses traces : simule-t-elle? En tout cas, sans souci ni trouble dame. Comment semer un démon suiveur et éventuellement amoureux ? Anne sonde le Lièvre Oracle. Un conseil arrive en retour : « Mime ! » Mais Anne, qui ne méconnaît rien de la Tétralogie, sait devoir se méfier de Mime. Soudain son oeil s’éclaire. Anne va mimer l’amour, son suiveur en sera désarmé, Anne en fera un Samson rasé.

Délires excessifs

Elle a tort : le démon mutin matera à s’en émouvoir, s’enflammera, s’amourachera, dira « mon âme » sans la vouloir dévorer. « David, se dit-elle, n’est onc un démon ennemi. » De l’autre côté du miroir, elle craint moins les démons. Un lièvre… levé ? Elle ouvre la missive. C’est lui. (Le lecteur ici se demande : le démon ? un autre amant ? le lièvre ? Et comment a-t-elle du courrier « de l’autre côté » ?) Pourtant, en sa case à courrier, un seul envoi : celui de l’oncle Tom! En rêve, elle ressent ses torts. Au réveil,  Anne réalise combien son suiveur est une occasion à saisir. Anne se donne. Nirvana ! L’oncle Tom, étonnamment bibliomane, lui annonçait un livre à la limite : « Cédille » était son titre. David le douillet démon lui offre de montrer ses tomes at home : là le lièvre a livré tous ses livres. Anne le suit sans souci.

Anne se rêvasse enfant. En cours, on lui réclame ses devoirs, une oeuvre à lire, en un tome, Anne scrute sa case. Anne ne s’est assez méfiée. Ils ont marché devant l’antre de Mime où les exhalaisons sulfureuses du DRAGON l’étourdissent. En sa case aucun volume, Anne s’alarme. On insiste. « Votre oeuvre ? –noires craintes– vos devoirs !? » Anne a thème aujourd’hui mais elle n’a pas la bonne version… Anne a Lise près d’elle qui rêve… Anne est gâchée ! Mais Anne rêvasse toujours. On lui réclame une thèse et comme  dans l’ancien monde, une thèse seconde : en latin. Ah ! délires…

Dérives en miroir

De l’autre côté du miroir, sur un frêne, un chat attend. Le chat est AUSSI de l’autre côté du miroir. Cet événement rend un deus ex machina nécessaire. Le voilà : une carriole venue des cieux arrive vers Anne. Le chat observe: David le démon douillet a eu Anne, Anne a Lise. La carriole arrive. Anne a un rire canin. Ses canines se vexent, se désunissent. Le sourire d’Anne s’en va. Le chat est rassuré. Le démon attendri caresse le chat, mais il est aller…… Atchaaaaat! Éternuant, le démon s’ébroue et retrouve forme humaine. (C’est le moment où dans un film la suavité des violons domine la bande-son.) Le chat, au débotté, se fait conducteur de char. Lise s’est évanouie avec une nuée. Comme Anne niche en un univers curieux, où non ramasse oui, inconstance escamote vrai, où faux est roi, Anne se sent reine. Mais Anne se sentait bel et bien reine de  coeur. (Curieux, non ?) Comment la carriole franchit le miroir est un autre mistère (un médiéviste le narrerait mieux.)

Un, six, onze, seize amants. Russes, Roumains, Suisses, avec aisance, envie, avarice même! Une vie consacrée aux muses amènes ! Anne se remémore sans cesse ses errances vécues ou rêvées. En amoureuse, elle savoure avec son amant son mimosa rosé.

(FIN)

* BAUDELAIRE, Charles (1961). Oeuvres complètes, Paris, La Pléiade, p.286 (Le  Spleen de Paris, XXXIII- Enivrez-vous)
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13 réponses à ÉVASION : une fiction collaborative oulipienne et twitterienne

  1. Zéo Zigzags dit :

    Erreur dans le texte déjà terminé, je crois. « Et la lune matine se mire avec bonheur sur cette mâle musculature. La marée menace, mais l’âme animale se ressaisit. » Mâtine, je crois.

    Zéo ¦)

    • Le texte est encore en élaboration. La contrainte oulipienne du « prisonnier » a été allégée (voir le défi proposé). Les jambages ont été prohibés mais les hampes cependant autorisées à condition de les restreindre. Vous êtes invitée à collaborer si vous le désirez.

  2. Zéo Zigzags dit :

    Idem ici : « Anne soumise suit une voie sans issue, mais une voie mauve et suave où n’errent —di— dieu ni démon. » Il faudrait lire « ni ».

    Bien humblement, à première vue… Difficile à suivre, ce texte. En dépit de passages créatifs, il me semble contenir énormément de répétitions (la fréquence du mot « cœur », notamment), je trouve, et l’histoire semble une scène qui piétine. Ceci dit, je ne prétends pas pouvoir faire mieux. On verra où tout cela mène.

    Merci de me permettre de participer.

    Zéo ¦)

    • Merci pour les coquilles relevées… Vous participez ce faisant au processus d’élaboration. Des ajustements seront évidemment effectués puisqu’il s’agit d’erreurs involontaires de transcription.

      Je me permets de vous rappeler qu’il s’agit présentement d’une version préliminaire que je prends la liberté de publier graduellement en direct puisque j’ amalgame, dans un premier temps, les gazouillis colligés afin que les collaborateurs puissent aisément y avoir accès pour écrire en continuité.

      Cette contrainte oulipienne est difficile à appliquer et je remercie vivement les twittérateurs qui osent se risquer à la relever. Vous constaterez qu’il n’y a aucune concertation concernant le développement et l’évolution de la fiction, mais qu’il s’agit bien plutôt d’improvisation. Je vous précise également qu’il s’agit avant tout d’un jeu littéraire, donc d’une aventure scripturale ludique (Voir en rubrique mes billets regroupés dans « Explorations et découvertes » et « Réflexions et dérives » ).

      Je conviens qu’il ne s’agit pas d’un texte « lisse » d’une lisibilité maximale, mais plutôt d’un texte « résistant » au sens où l’entend Catherine Tauveron lorsqu’elle distingue les textes « réticents » qui programment des problèmes de compréhension des textes « proliférants » qui autorisent de multiples interprétations.

      Bienvenue dans ce jeu, si vous souhaitez toujours tenter l’expérience.

      • Zéo Zigzags dit :

        Bien sûr! Merci pour les précisions. Je comprends bien maintenant. Je vais participer encore.

        Merci encore! Zéo

  3. Thaelm dit :

    Merci pour cette proposition.

    A regarder le texte on pourrait souhaiter un chef d’orchestre (consensuel bien sur (sourire)²²²) qui permettrait au texte d’avoir une certaine cohérence.
    Car si certaines propositions se marient assez bien – hasard ou attention au tag pour favoriser cet accord – d’autres attendent visiblement une place et peuvent la trouver.
    On pourrait même envisager de susciter des « corps liant » permettant à telle ou telle phrase un peu orpheline de s’intégrer à l’ensemble.

    A su ivre!

  4. Thaelm dit :

    zut ! le dragon G nerf deux un père fiction dans le texte.

  5. Charliebuz dit :

    C’est non sans une certaine fierté que je vois mon nom apparaitre en petits caractères au bas de ce billet. Ce fut un plaisir de participer, modestement mais tout de même, à cette aventure de twittérature !
    (j’aurai du écrire #sansjambage mais toute les bonnes choses ont une fin)

  6. Alcanter dit :

    Toujours un plaisir de participer à ces cruci-fictions !
    #sansjambage les mots ont couru librement, au gré des songes de rêveurs attentifs…
    Bravo @Aurise !

  7. Zéo Zigzags dit :

    Il y a des passages savoureux dans ce texte fou, particulièrement vers la fin.

    Un autre?

    Encore merci.

    Zéo

  8. Thaelm dit :

    Dans un jeu (car c’en est un) de ce type, certains moments sont particulièrement vivants pour le participant. Ce sont ceux où il sent que visiblement celui qui a écrit a lu son texte (en guettant le tag) et se l’est approprié. Parfois le vocabulaire même, dans ses inventions (ses contournements pour satisfaire la contrainte) reçoit des échos qui donnent à une clairière du texte un climat, puis on repart … vers de nouvelles aventures avec un souffle provenant d’une autre voix, un jet d’une autre plume et le hasard fait que cette nouvelle mélodie s’intègre (dès le début, ou peu à peu) à l’oeuvre.
    Souvent ce qu’on évoque dans « intelligence collective » n’est que la collectivisation de l’intelligence (au service d’un organisme qui en extrait le jus) ici (je pense que l’on doit cela à la taille du groupe et l’animation bienveillante d’Aurise) il y a vraiment apparition du phénomène 1 + 1 = (bien plus que 2).

  9. WinCriCri dit :

    Merci beaucoup à Aurise pour son initiative. Je me sens prévilégiée d’avoir pu contribuer à #sansjambe dès le premier jour de sa création.
    Je suis d’accord avec Zéo Zigzags. Le texte devenait parfois difficile à suivre. Un chemin tortueux pour ne pas dire tordu qui nous mènerait où? À partir du moment où Aurise l’a organisé en chapitres et les a titrés, les phrases sous l’effet de son magnétisme s’alignèrent dans un ordre plus accessible. J’ai alors compris que cette itinéraire déroutant avait fait appel à notre inconscient collectif, un univers onirique dont le fil se tisse pas à pas, d’un mot à l’autre en les associant plus par leur sens symbolique, leur sonorité, leur prosodie qu’à leur sens littéral.
    Encore une fois merci Aurise de m’avoir acceuilli si respectueusement. Grâce à cette expérience, j’ai eu l’opportunité de m’abonner à des personnages vibrant d’une même passion. Je crois m’être fait de nouveaux amis d’écriture ;-)
    WinC:)C;)